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Interface invisible, NoUI, NUI… L’UI menacée ?

03/10/2017
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Interface invisible : main transparence invisible aleks-dahlbergLes interfaces écrans sont aujourd’hui, les supports privilégiés de toutes les interactions homme-machine (IHM) de notre quotidien. Cependant, ce mode d’échange avec nos ordinateurs est sujet à controverse. Des auteurs comme Golden Krishna remettent en question cette souveraineté. En conséquence, de nouveaux types d’interaction émergent sous l’impulsion de courants comme celui de la “ NoUI ” (comprenez “interface invisible”) et des NUI (comprenez “interfaces naturelles”).

Plonger dans l’invisible

Une idée se répand dans le monde du design d’interaction : une vision dans laquelle l’interface disparaît au profit d’une expérience utilisateur toujours plus simple. L’interface invisible ou ”NoUI” signerait-elle la mort de l’UI ? Non… Mais peut-être celle de la systématisation de son utilisation.

C’est du moins l’avis de Golden Krishna. Dans son livre The best interface is no interface (“La meilleur interface est pas d’interface du tout”), il nous offre une critique acerbe d’un monde dominé par l’interface graphique.

Quand l’innovation se limite à “slap an interface on it !” (“claque une interface dessus !”), l’expérience utilisateur qui en résulte est en danger et le monde se retrouve envahi d’écran dans les voitures, sur les poubelles, dans les toilettes…

L’interface invisible ”NoUI” : qu’est-ce que c’est ?

Une interface que l’on ne voit pas, quelle drôle d’idée ! Mais à quoi sert-elle ?

L’interface dans sa définition globale permet l’échange de données entre un utilisateur et un ordinateur.

C’est donc un double flux d’information :

  • Utilisateur vers ordinateur via un contrôleur (ex : souris, écran tactile, etc.)
  • Ordinateur vers utilisateur via un élément de retour (ex : écran, haut parleur, etc.)

L’idée derrière le terme d’interface invisible est de faire disparaître ces éléments afin de permettre une expérience utilisateur moins contrainte par l’interface écran. L’objectif étant de simplifier la tâche de l’utilisateur.

Golden Krishna cite par exemple le cas de l’ouverture du coffre de voiture via un simple mouvement de pied afin de s’éviter des contorsion lorsque l’on a les mains pleines. Il existe de multiple type d’interaction via des interfaces invisibles. Par exemple, les interactions corporels (ex : MYO, la caméra Microsoft Kinect), les interactions vocales (ex : l’enceinte Amazon Echo) ou encore les interactions “ambiantes” (ex : le thermostat Nest… qui possède un écran mais celui-ci est peu utile dans le cas d’utilisation optimal).

L’interface invisible ”NoUI” : exemple avec l'ouverture coffre avec le pied Ford Kuga

Un futur prometteur autour de l’interface naturelle (NUI)

Le courant des interfaces naturelles NUI est moins extrême dans son positionnement par rapport aux écrans. Il se focalise sur les comportements naturels de l’humain. La NUI enrichit l’expérience utilisateur par d’autre biais que l’interface digitale.

Tout comme l’affordance, définie par la capacité d’un objet à suggérer son utilisation, la NUI tente de d’utiliser les intuitions humaines pour faciliter l’interaction. Les différentes technologies (reconnaissance vocale, reconnaissance de mouvement, Internet of Things, etc.) évoluent et deviennent plus fiables avec de nouveaux capteurs fournissant des données plus précises, des transmissions plus rapides…

Les interfaces naturelles offrent des possibilités d’interaction plus subtiles se rapprochant des comportements humains. On peut citer comme exemple, les enceintes intelligentes de Google et Amazon qui, par une interaction entièrement vocale, permettent d’exécuter des tâches quotidiennes comme faire ses courses ou consulter la météo.

Les points de friction des interfaces invisibles et naturelles

La disparition de l’interface peut entraîner de nouveaux problèmes qu’il faut prendre en compte. Selon Dan Saffer, l’idée que l’interface invisible est mieux que l’interface visible est problématique car elle construit un mythe de l’immatérialité. L’important n’est pas de savoir quelle interface est la meilleure, mais laquelle répond le mieux au besoin utilisateur dans le cadre d’une tâche précise et dans un contexte d’usage spécifique.

En s’inspirant des comportements existants il est possible de simplifier l’expérience d’usage. L’ouverture du coffre de voiture avec le pied est un bon exemple. Qui n’a jamais, les mains pleines, fermé une porte avec son coude ou même son pied s’adonnant ainsi à un numéro de contorsionniste?

Il est nécessaire de prendre en compte les inconvénients d’une interface invisible. Que ce soit la question de l’apprentissage à l’utilisation de l’objet, celle du contrôle sur le système ou encore celle du cas de dysfonctionnement. Difficile d’appréhender ce que l’on ne peut pas voir.  Pour l’illustrer notre propos, cette caméra caché “la porte sans vitre” dans laquelle l’utilisateur souhaite ouvrir la porte en poussant la vitre. Il ne sait pas qu’elle n’est pas présente et qu’elle ne remplit pas son rôle habituel d’où la mauvaise expérience vécue.

UI or NoUI ?

L’interface invisible est une ouverture. Ce n’est pas une vision unique d’un monde où toutes les interfaces doivent absolument devenir invisibles. Elle offre simplement de nouvelles possibilités de réflexion et de conception. L’interface invisible se positionne comme une critique d’un monde submergé par l’interface graphique. Elle questionne l’UX, et propose de nouvelles perspectives pour les concepteurs d’interaction.

En synthèse

  • L’interface invisible NoUI vise une expérience moins contrainte par l’écran.
  • La mouvance NoUI est une critique de la systématisation de l’utilisation de l’écran interface.
  • Une interface naturelle NUI est une interface reprenant les comportements naturels de l’humain (affordance)
  • Un choix de conception NoUI implique une prise en compte des aspects connexes à l’expérience (apprentissage, contrôle, etc…)
  • UI, NoUI, NUI ? C’est le besoin utilisateur et l’expérience qui en résulte qui doit guider ce choix !

 

Pour aller plus loin :