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Définition loi de Miller : 7, véritable nombre magique de la mémorisation ?

28/04/2017
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Définition Loi de MillerLa loi de Miller postule que le nombre moyen d’objets pouvant être mémorisé est 7, plus ou moins 2. Ce nombre magique, « sept », plus ou moins « deux », se base sur la psychologie cognitive. Elle nous informe sur nos capacités de traitement de l’information. Cette loi a été énoncée par le psychologue cognitif George A. Miller du département de psychologie de l’université de Princeton, dans les années 50.

Une mémoire à court terme à prendre en compte dans l’ergonomie des interfaces

La loi de Miller donne une indication sur le nombre moyen d’éléments que l’on peut mémoriser sur une courte durée.  Cette indication peut également être employée pour estimer notre capacité à traiter les informations. D’après cette loi,  nous ne pouvons, en moyenne, traiter simultanément plus de sept éléments. Ce nombre est du à notre empan mnésique ou mémoire à court terme. Toutefois, il est important de garder en tête que cette indication est une moyenne, l’empan mnésique peut être très variable d’un individu à l’autre. Il suffit d’observer le nombre de commandes que peut retenir un serveur simultanément pour s’en rendre compte !

Dans le cadre d’utilisation d’interfaces interactives (site web, tablette, Smartphone, logiciel pour borne interactive etc.) cette loi conditionne l’expérience utilisateur (UX). En prenant en compte les capacités cognitives et mnésiques de l’utilisateur dans le processus de conception des interfaces, les ergonomes et UX designers peuvent faciliter la perception des informations. A l’inverse, s’il est trop sollicité, notre cerveau n’arrive plus à traiter de manière efficace l’information.

Capacités de mémorisation ou capacité d’appréhension ?

Au lieu de la percevoir comme une limitation de la capacité de mémorisation, le nombre magique de Miller peut aussi être considéré comme une capacité d’appréhension. Ce que nous sommes capables d’appréhender de manière simultanée. De quoi relativiser ce nombre et son application à l’ergonomie des interfaces, et inciter les concepteurs et ergonomes à ne pas surcharger en informations et en éléments les interfaces.

Cette loi a un impact dans l’accessibilité et l’utilisabilité. Sous un certain angle, la loi de Miller recoupe une autre loi de la psychologie cognitive : la loi de Hick, selon laquelle le nombre de possibilités a une incidence directe sur le temps requis pour faire un choix.

Rappelons ces deux points essentiels :

  • Il est toujours plus facile pour un utilisateur de se décider ou de faire son choix parmi un nombre réduit d’éléments disponibles
  • Ajouter une possibilité supplémentaire de choix à un nombre restreint de manière drastique la mémorisation (7 plus ou moins 2) et ne fait qu’accroître fortement le temps de réponse et de prise de décision.

La loi de Miller : une interprétation erronée ?


En 2011, Jeanne Farrington a publié un article dans la revue Performance Improvement Quarterly remettant en cause la loi de Miller, plus précisément le choix du nombre 7 comme nombre magique. Selon ses recherches, la mémoire à court terme serait limitée à 4 ou 5 éléments. Selon Jeanne Farrington, l’empan mnésique serait donc de 5 (plus ou moins 2). Cette contestation de la loi de Miller ne fait pas l’unanimité chez les chercheurs dans ce domaine.

Lire : Myths Worth Dispelling: Seven plus or minus two

Une loi sur les capacités mnésiques à utiliser comme un guide

La loi de Miller permet de rendre attentif aux capacités de mémorisation des utilisateurs. Elle sensibilise aux bonnes pratiques ergonomiques centrées sur l’expérience utilisateur. Toutefois elle est à utiliser comme un guide plus que comme une règle absolue, tout comme d’autres lois émanant de la psychologie cognitive.

On retrouve d’ailleurs des recommandations qui recoupent avec la loi de Miller, par exemple dans les guidelines des OS mobiles. En effet Apple exige un maximum de 5 onglets dans la tab bar (navigation primaire).

Comme toujours en UX design, le plus important est avant tout d’adapter votre projet aux usages et besoins des utilisateurs finaux. Les connaissances en sciences humaines fournissent des outils et guides pour améliorer l’expérience utilisateur en prenant en compte nos capacités cognitives

Sources :